Un géant amour martyr
Un esprit abusé, couché sous sa plume
Dans un brasier d’amour se consume
L’amant dans cette épaisse brume
Qui patiente devant une porte
Là debout, à épier des pas au dehors
Attend un signe subtil: Que l’aimée sorte
Du manteau de la nuit des folies mortes
Silhouette cachée au fond de cet ombre
Pétillante aux couleurs terne de la pénombre
Qui ce moque de cet amant trop maudit
Q’une gracieuse attitude précaire fuit
Quand pudique il se voile les yeux
Pour éviter l’endroit de son pas vicieux
Il se va par un vil chemin reculer soucieux
Vers ce vide attirant qui malin frémit
A l’avenir funeste sans grande fantaisie
D’une fin brutale de ce troublant désir
Quand se meurt le géant amour martyr.
☼₣€
Amour perdu
J’ai fermé ma mémoire
Sur un dernier espoir
Ma vie sans grand noir
Avec toi jusqu’à son soir
Le destin dérisoire
Ne me l’a pas laissé croire
Quand prés de moi le miroir
Seul me laisse te revoir
Fantôme au parloir
Ombre dans l’armoire
D’un parfum ambulatoire
Je vis mon histoire
Gaver d’à-valoir
Sur un amour assommoir
¤
Et ces ombres j’ai vu
Dans tes mots entendus
Ceux de ce bel amour perdu.
☼₣€
Adieu mon amant
¤
Il fut un matin d’orage
Je te savais malade
Ce ne fut une dérobade
Tu m’as laissé seule en otage
Déboussolé je me suis mise
A te bousculer, te donner
Un souffle pour revivre aisé
Rien n’y fit, plus de remise
Nous avions passé ensemble
De si bons jours de bonheur
Tu me prenais ma nuit, hâbleur
De me donner la passion tendre
Jamais je n’ai manqué ta beauté
Pas un seul toucher bien léger
N’a effleuré ma prude de te quitter
Nous étions bien, nos yeux attachés
Dis moi, pourquoi ! Pourquoi ! Ainsi
Quels beaux voyages avons-nous fait
Nous aurions conquis le monde aimé
Tu sais c’est dur, de voir le noir d’ici
Que me dis-tu ? Pourquoi dire
Tu n’es plus à mes cotes, reviens !
Je t’assure je ne frapperai plus, tiens !
Je t’aimais, mais je ne voulais l’écrire
Je t’en pris ouvre tes grands yeux
Tu me mets en rage, je transpire
Non de peur, car c’est la vie, pire !
La nature qui jouit pour ces adieux
Me voilà tétanisée de ton abandon
Je ne vais pas pleurer, je t’échangerai
Il en va de la vie, on s’oublie enragé
On se console sur d’autres consoles
De toute façon je le sais, il y a mieux
Mais je voulais te garder, trésor
De mes yeux, inconsolable à tord
Amant de toi, ils ne resteront silencieux
Je te touche une dernière fois quand
Condoléance à ma pensée c’est fini
Tu vas me laisser là, ripant vers l’infini
Un baiser de mes yeux, salut mon écran.
☼₣€
Parodie de l’amour, voilà une triste vie
Il racontait ses amours, sur le parvis
Pas le mien, c’est un véritable oubli
Je n’étais pour lui qu’un large surplis
Ces baisers ils me les donnaient salés
Pour épicer sa trop grande générosité
De me faire croire son désir d’inhabilité
Au voyage amoureux sans objectivité
Il me susurrait des mots d’inefficacité
Que je cueillais fruits de ma réalité
Là ils pourrissaient sur ses lèvres sevrées
En ma trop grande bonté de les accepter
Ses caresses titillaient mon émotivité
Mais ces doigts se crispaient d’indignité
De se fourvoyer dans mon bonheur avoué
A lui tendre ma peau pour lui une calamité
Ses yeux me récitaient des prières qualifiées
Nuisibles pour mon avenir de se faire violer
Je ne rechignais pas à cette lueur bafouée
Ma lumière se désunissait à sa pugnacité
Quand au soir il m’appelait avec férocité
Pour me dire mon bel amour en rapidité
Je ressentais la lame de sa perfidie déployée
De ne vouloir que le pauvre charnel à tutoyer
Et mon cœur, mon pauvre cœur dilapidé
N’a pas résisté à sa présence diligentée
De son souci de profiter de mes bontés
Je l’ai rejeté au loin, de sa vile affectuosité.
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